Trouver une colocation

par Powanono le 7 août 2008

Trouver une colocation est un exercice délicat, parfois chiantissime, et qui repose sur une part de chance.

Tout d’abord, je vais vous raconter ma petite histoire de recherche. Cela faisait trois ans que je vivais dans une chambre d’étudiant dans un foyer étudiant à Levallois. Bon, le loyer était cool (347 euros avec le régime APL foyer, c’est à dire 160 euros par mois) mais les souvenirs l’étaient parfois moins. Et comme le dit un viel adage Allemand “arf on a touchour besoin d’un plus grand territoire shnell!”. Me voilà donc partis à la recherche de la collocation d’or et abandonnant cette chambre de 14 métre carré chargé d’un je ne sais quoi. Je fais un dossier digne d’un dossier de la CIA ou des dossiers de l’histoire sur TF1. 3 derniers bulletin de salaire des parents, taxe fonciére, d’habitation des parents, certificat de scolarité et d’autres garanties plus ou moins futiles à mes yeux mais si précieuses aux yeux du propriétaire acariatre au dent longue et aux ongle qui rayent la table.

Un dossier béton qui devrait faire rougir bouygues et toutes les industries du batiment réunis. La recherche s’annonçait aussi radieuse et fructueuse que taper “sexe”, “anal” et “Matt Pokora” sur Emule. Mais le futur s’annonçait beaucoup plus sombre.

 

Tout d’abord, il faut savoir que la demande est beaucoup plus importante que l’offre de colocation, vous êtes pas le messie que tout le monde attend, vous êtes même pas un apotre, pas même Juda, pour vous dire quel rôle de merde vous avez dans cette piéce tragi-comique. Donc la demande est plus importante que la demande, l’offre de logement a donc toute puissance sur les pauvres chercheurs de colocation. Elle selectionne, elle est exigeante, elle recherche le coloc parfait, la personne belle à l’intérieur comme à l’extérieur, une coupe de cheveux parfaite, les mêmes gouts que lui ou elle, un plan cul, un coloc’ avec les meilleurs bons plans du monde entier, bref l’offre est péte-couille dans toute sa splendeur. Dans mon cas il a fallu être réactif et aux aguets. Sous ce langage technico-guerrier ne se cache en fait qu’un gros geek qui surveille le flux RSS d’un site de recherche de colocation à l’affut de nouvelle propositions. “Colocation.fr, ne voit tu rien venir?” 

“Non Arnaud, je ne vois que les pervers de 50 piges qui publoit et l’aide à la grand mére qui surcroit”

 

Bon après cette étape chiante qui se reproduira plusieurs fois au fil des décéptions, il y’a : LA VISITE. Une visite d’appartement en colocation qui se passe bien, ça reste étrange. C’est un peu “bienvenu dans mon intimité, matte si ça t’intéresse”. Bref si vous avez un minimum de pudeur ça vous géne toujours un peu. Mais une visite ne se passe pas toujours bien. Vous pouvez tomber sur des cassoc’, des fanatiques de la partouze à plusieurs, des dingues et des coincés du cul qui pense plus chambre partagée qu’une réelle collocation. Par exemple, une de mes visites a été édifiantes de conneries.

 

Alors le décor : Appart’ dans le 11éme, 3 coloc, 500euros. Ça semblait cool, quartier entre Repu’ et Bastille, bref ça semblait SUPER COOL.  Mais il a fallu que ce soit une dreadeuse complétement défoncé qui m’ouvre. A noter que je ne suis pas contre certaines drogues (certain(e)s  me connaissent bien et ma fameuse réplique “ça ne fait pas de mal”) mais quand c’est les piquouzes qu’on a mal planqué sous le canapé, c’est un peu plus problématique. Deuxiéme point négatif, comme si le premier suffisait pas, ça ressemblait plus à un squatt qu’un appart’. Si vous avez vu le film trainspotting, vous voyez de quoi je parle. Non pas que l’expérience d’un squatte ne serait pas richement destructrice et intéressante mais une expérience comme celle ci à 500 euros alors que c’est gratuit dans tous les pays du tiers monde (et à Tours), ça sent l’arnaque. Bon revenons à nos drogués moutons, visite de la cuisine surface marron caca naturel et biodégradable, visite des toilettes de couleur blanche avec des jolies bout de merdes qui flotte dans l’eau, visite des deux, trois ou quattre chambre. En fait on sait pas trop combien il y’en a, “on aménage ça, on veut mettre des rideaux” mais remplacer les rideaux par des draps cradingue suspendu au plafond par de la patafix et ça vous donne encore  une idée plus précise de la chose. “Bon on va voir ce que fait mon autre colloc’” me dit-elle d’un ton lent….très lent. Ouverture de la porte du coloc, le dit-coloc en train de pénétrer une jeune chinoise, “salut machin, y’a le nouveau coloc là….euh….tu t’appel comment déjà?” me demande-t-elle “Arnaud”   “ah vi voilà, arnaud”  “ouais salut Arnaud” et elle referme la porte, comme si rien n’était, comme si le coloc n’avais pas son engin dans l’ouverture de la chinoise, tout est parfaitement normal.

C’est ce jour là que j’ai enfin pu saisir toute l’amplitude de l’expression “prendre ses clic et ses clacs”.

Bon après j’ai eu des adorateurs du film de l’auberge espagnole, non pas que je n’aime pas Klapish mais voir le film troné en plein milieu du salon et couvrir certains murs m’ont plutôt fait gerber. Croire qu’une collocation va être comme dans l’auberge espagnole, ça doit être comme croire que l’université va être pareil que dans la série les années  fac ….

 


Il y’a aussi la formidable épreuve des castings,

Eux : “bonjour Arnaud”

Moi : “euh….salut”

Eux : “age, étude, bord politique”

Moi : “81 ans, Master Chomeur, ancien Nazi”

Eux : “….”

Moi : “ la sortie est par là je sais”

 

Eux : “bonjour Arnaud”

Moi : “Salut”

Eux : “Alors que recherche-tu dans une colloc?”

Moi : “euh…….euh……pfffff…..Euh… j’avoue ne pas avoir réfléchis à la question mais ….Euh….euh pfff”

Eux : “…”

 

Oui il faut préparer l’oral aussi, être propre sur soi et s’attendre à toutes les questions piéges/connes. Mais le plus navrant est, sans doute, le casting qui se passe bien. Super contact avec les gens, une heure 20 de discutaille autour d’un apéritif, tu ressors de l’appart enjoué, bouffant la vie à plein poumon. Et c’est lorsque tu mange ta derniére bouffé d’air que le mur vient avec. “Oui non on t’a pas choisis mais tu sais , ça a été dur de choisir”. Voilà cette phrase, si peu constructive t’arrive dans l’oreille et te grignotte tout ton moral de l’intérieur. Mais qu’est ce que j’ai merdé bordel de *******?.

 

En fin de compte, la recherche d’une colocation nécessite pas mal d’abnégation. Elle repose en même temps sur la chance et la recherche. Certains auront la chance d’en trouver une et d’autres un mois plus tard.

Ce qu’il faut avant de cherche une colloc’ lorsque vous êtes étudiants :

Un bon dossier comprenant :

 

  • -un certificat de scolarité
  • -trois dernier bulletion de salaire de vos parents
  • -taxe fonciére des parents
  • -Feuilles d’impot des parents.

 

Et là normalement déjà c’est pas mal pour un dossier. Il se peut que des collocs vous demandent de prouver que vous êtes studieux donc vous montrez vos bulletins scolaires (si si ça arrive)

 

Des sites et des magazines sous la main, je conseil :

Apartager.com (vous pouvez déposer vos demandes gratuitement par contre pour voir les numéros de téléphones il vous faudra vous payer un compte prenium et je vous assure que ça vaut le coup de prendre un compte prenium car ça marche bien ;-) )

Particulier à particulier ( un magazine paraissant tous les jeudis)

Kijiji (annonce gratuite, il y’a parfois des pépites)

 

Pensez à consulter ses offres sur ces sites mais aussi à déposer vos demandes. Ce n’est pas parcqu’il y’a beaucoup de demande que l’offre ne vous contactera pas !

 

Après fixer vous un budget max, ne pas oublier de compter les charges dedans et de tenir compte des APL que vous allez percevoir. Généralement charges comprises ne veut pas dire que cela prend  en compte l’électricité et Internet même si c’est en colocation.

Définisser quel type de colocation vous conviendrais le mieux, à plusieur, à deux, avec des personnes d’age différent…etc.

 

Et pis la recherche commence et croyez moi ça bouffe pas mal de temps.

Lorsqu’une adresse vous parez sympas, choissisez plutôt d’apeler la personne que de la mailer. Le contact au téléphone rapproche beaucoup plus les gens et la personne est obligé de vous répondre. Le mail tombe souvent aux oubliettes.

 

Pour la visite c’est plutôt simple, ne préparez rien à mon avis. Etant donné que c’est une rencontre avec des personnes avec qui vous allez vivre pendant un certain moment donc être naturel est le meilleur moyen de savoir si vous allez vous entendre avec l’autre.

 

Bon je souhaite pour vous, une aventure aussi épique que la mienne dans cette recherche si amusante et aussi, souvent frustrante !

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3 commentaires
  1. *pliée en deux sur sa chaise* je fais tourner ;)

  2. Miss Aïoli 98 permalink

    Sympa…. Je vois que ta vie est toujours aussi décousue que la mienne!
    Félicitations d’avoir surmonté ce cruel périple : je commence mes recherches d’appart dans 10 jours! priez pour moi!!!
    Bisous

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  1. Etude de cas : trouver une colocation - Dans ma carapace

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